DPE 2027 : la classe A0 et les nouvelles évolutions
Le DPE 2027 va connaître plusieurs évolutions à compter du 1er janvier 2027, à la suite de la publication de l’arrêté du 11 juin 2026. Ce texte adapte le diagnostic de performance énergétique aux nouvelles exigences européennes, avec notamment l’introduction d’une nouvelle classe énergétique A0, correspondant aux bâtiments à émissions nulles.
D’autres modifications concernent les informations relatives aux énergies renouvelables, aux systèmes de chauffage et de refroidissement, ainsi qu’aux caractéristiques énergétiques du logement. Quelles sont ces évolutions et quelles conséquences auront-elles pour les propriétaires et les futurs acquéreurs ou locataires ? Voici ce qu’il faut retenir de cette réforme du DPE.
Pourquoi le contenu du DPE évolue-t-il en 2027 ?
Les évolutions du DPE au 1er janvier 2027 s’inscrivent dans le cadre de la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (directive UE 2024/1275 du 24 avril 2024).
L’arrêté du 11 juin 2026* adapte la réglementation française afin de tenir compte de ces nouvelles exigences. Il fait évoluer les informations présentées dans le diagnostic, notamment sur la production d’énergie renouvelable, les équipements énergétiques et les caractéristiques du bâtiment.
L’objectif est de fournir une vision plus complète de la performance énergétique du logement, en prenant davantage en compte son fonctionnement énergétique et sa contribution à la transition vers des bâtiments à émissions nulles.
Ces modifications entreront en vigueur le 1er janvier 2027 pour les DPE concernés. Elles ne doivent toutefois pas être confondues avec l’évolution du coefficient de conversion de l’électricité, qui fait l’objet d’un arrêté distinct.
*Paru au Journal Officiel du 13 août 2026
La nouvelle classe A0 : le DPE des bâtiments à émissions nulles
À partir du 1er janvier 2027, le diagnostic de performance énergétique (DPE) intégrera une nouvelle mention : la classe A0, correspondant aux bâtiments considérés comme étant à émissions nulles. Cette évolution découle de l’adaptation de la réglementation française à la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments.
Contrairement aux classes habituelles du DPE, qui évaluent la performance énergétique du logement à travers une étiquette allant de A à G, la mention A0 répond à des critères spécifiques liés notamment aux performances du bâtiment et aux énergies utilisées.
Pour les logements évalués selon la méthode 3CL-DPE, deux conditions principales doivent être réunies :
- Le logement doit obtenir une classe énergétique A ou B.
- Les énergies utilisées doivent être exclusivement des énergies renouvelables produites sur place ou à proximité, de l’électricité, ou une énergie provenant d’un réseau de chaleur ou de froid considéré comme efficace. Aucun équipement de chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire ne doit pouvoir utiliser des énergies fossiles sur place ou à proximité.
La réglementation prévoit également des critères spécifiques pour les DPE réalisés selon la méthode applicable aux bâtiments neufs.
Attention : obtenir une étiquette énergétique A ou B ne suffit donc pas pour bénéficier de la mention A0. Les sources d’énergie utilisées et les équipements présents doivent également respecter les conditions prévues par le texte.
Cette nouvelle mention permettra de mieux identifier les bâtiments répondant aux critères européens des bâtiments à émissions nulles. Elle ne signifie pas pour autant que tous les logements classés A ou B pourront automatiquement en bénéficier.
la prise en compte de la production d’énergie renouvelable du logement
À compter du 1er janvier 2027, le DPE devra fournir des informations plus détaillées sur les équipements utilisant ou produisant des énergies renouvelables. L’objectif est de mieux identifier les solutions énergétiques présentes dans le logement et de quantifier leur contribution.
Les équipements concernés
Le diagnostic devra notamment recenser les équipements installés à demeure qui utilisent ou produisent des énergies renouvelables, ou qui raccordent le bâtiment à un réseau de chaleur ou de froid efficace. Parmi eux figurent :
- Les panneaux solaires photovoltaïques et thermiques ;
- Les pompes à chaleur ;
- Les chauffe-eau thermodynamiques ;
- Les systèmes de géothermie ;
- Les équipements de chauffage au bois ;
- Les éoliennes ;
- Les systèmes de cogénération ;
- Les réseaux de chaleur ou de froid efficaces.
Ces équipements seront identifiés dans le DPE à l’aide de pictogrammes et de libellés spécifiques.
Une production d’énergie renouvelable désormais quantifiée
Le DPE indiquera également la quantité totale d’énergie renouvelable produite sur place, exprimée en kilowattheures (kWh). La production sera détaillée selon les différentes sources d’énergie, puis rapportée à la consommation totale d’énergie finale du logement.
Le calcul prendra en compte l’autoconsommation, c’est-à-dire l’énergie produite puis consommée directement sur place.
Pour un appartement situé dans un immeuble collectif, la production d’énergie renouvelable du bâtiment sera répartie entre les logements au prorata de leur surface de référence.
Concrètement, ces nouvelles informations permettront aux propriétaires et aux futurs acquéreurs de mieux comprendre la contribution des équipements renouvelables à la performance énergétique du logement. Elles ne signifient toutefois pas que la présence de tels équipements entraîne automatiquement une meilleure classe DPE.
Les nouvelles informations sur la durée de vie des systèmes de chauffage et de refroidissement
Le DPE 2027 apportera également des informations complémentaires sur les systèmes de chauffage et de refroidissement du logement. Ces données doivent permettre de mieux comprendre les équipements en place et d’anticiper les éventuels besoins de remplacement.
Le diagnostic intégrera notamment des informations relatives à la durée de vie restante des équipements concernés, afin de donner une indication sur leur pérennité.
Cette information peut être utile lors d’un achat immobilier. Au-delà de la consommation énergétique et de la classe DPE, l’acquéreur pourra ainsi mieux appréhender l’état de ses équipements et les dépenses qui pourraient être à prévoir à moyen terme.
Il faut toutefois garder à l’esprit qu’il s’agit d’une estimation : elle ne constitue ni une garantie de fonctionnement jusqu’à une date précise, ni un diagnostic technique complet de l’installation.
Ces informations complémentaires permettront donc d’apporter un éclairage supplémentaire sur les équipements énergétiques du logement, en complément de l’évaluation de sa performance énergétique.
La capacité du logement à s’adapter au réseau électrique
Le DPE intégrera également une information sur la capacité du logement à adapter sa consommation d’énergie en fonction de signaux externes, afin de contribuer à la flexibilité du système électrique.
Concrètement, certains équipements peuvent moduler leur fonctionnement en fonction des besoins du réseau électrique. Par exemple, un chauffe-eau ou un système de chauffage pilotable peut, sous certaines conditions, décaler une partie de sa consommation vers des périodes où l’électricité est davantage disponible.
Cette capacité repose notamment sur la présence d’équipements pilotables et de systèmes de régulation adaptés. Elle peut contribuer à mieux répartir la demande d’électricité, notamment lorsque la production d’énergies renouvelables varie au cours de la journée.
Attention : cette information ne signifie pas que tous les logements devront être équipés d’un système domotique ou d’un dispositif de pilotage. Le DPE devra évaluer la capacité du logement à réagir à ces signaux, conformément aux modalités prévues par la réglementation.
À noter : l’arrêté distingue les maisons individuelles et les autres logements selon les dispositions applicables. La capacité d’adaptation au réseau électrique fait partie des nouvelles informations prévues à compter du 1er janvier 2027.
le fonctionnement des systèmes de chauffage à basse température
Le DPE 2027 intégrera une information supplémentaire sur la capacité du système d’émission et de distribution de chaleur à fonctionner à basse température ou à des températures permettant d’obtenir un meilleur rendement.
Cette évolution vise notamment à mieux caractériser les installations de chauffage et leur fonctionnement. La température de l’eau nécessaire pour chauffer un logement peut en effet avoir une influence sur l’efficacité de certains équipements, en particulier les pompes à chaleur.
Par exemple, un plancher chauffant ou des radiateurs adaptés à un fonctionnement à basse température peuvent permettre à une pompe à chaleur de fonctionner dans de meilleures conditions de rendement. À l’inverse, une installation nécessitant une température d’eau élevée peut limiter ses performances.
Cette nouvelle information ne signifie pas que tous les logements devront remplacer leurs radiateurs ou leur système de chauffage. Il s’agit d’évaluer la capacité de l’installation existante à fonctionner à des températures adaptées, et non d’imposer des travaux.
Pour les propriétaires, cette donnée apportera un éclairage complémentaire sur les caractéristiques du chauffage en place, notamment lorsqu’ils envisagent une rénovation énergétique ou le remplacement de leur équipement.
Une évolution du schéma des déperditions thermiques.
Le DPE comporte un schéma permettant de visualiser les principales sources de déperditions thermiques du logement. À partir du 1er janvier 2027, cette représentation évoluera afin de distinguer plus précisément les pertes de chaleur liées au renouvellement de l’air.
Jusqu’à présent, le schéma utilisait le terme « ventilation ». Le nouvel arrêté le remplace par l’expression « renouvellement d’air », qui permet de mieux rendre compte des différents phénomènes en jeu.
La réglementation distingue désormais deux sources de déperditions :
La ventilation : les pertes de chaleur liées au fonctionnement du système de ventilation du logement.
L’aération et les défauts d’étanchéité : les pertes liées aux entrées d’air parasites, notamment lorsque l’enveloppe du bâtiment présente des défauts d’étanchéité.
Cette distinction permet de mieux différencier les pertes liées au renouvellement d’air nécessaire à la qualité de l’air intérieur de celles provoquées par une mauvaise étanchéité du bâtiment.
Pour les propriétaires, cette évolution apporte une lecture plus précise des déperditions thermiques et peut aider à mieux comprendre les points à surveiller dans le cadre d’une rénovation énergétique.
ces changements vont-ils modifier la classe énergétique du logement ?
Il est important de distinguer deux évolutions réglementaires qui entreront en vigueur le 1er janvier 2027, mais qui reposent sur deux arrêtés distincts.
L’arrêté du 11 juin 2026 : de nouvelles informations dans le DPE
L’arrêté du 11 juin 2026, relatif à l’adaptation du DPE au droit européen, fait évoluer le contenu du diagnostic. Il prévoit notamment de nouvelles informations sur la production d’énergie renouvelable, la durée de vie restante des systèmes de chauffage et de climatisation, la capacité du logement à s’adapter aux signaux du réseau électrique, ainsi que la représentation des déperditions thermiques. Il introduit également la mention A0 pour les bâtiments répondant aux critères prévus par le texte.
Ces modifications du contenu du DPE ne changent pas, à elles seules, la classe énergétique calculée du logement.
L’arrêté du 19 août 2026 : un nouveau coefficient de conversion de l’électricité
Un second texte, l’arrêté du 19 août 2026, modifie le facteur de conversion de l’électricité en énergie primaire utilisé dans le calcul du DPE. À compter du 1er janvier 2027, ce coefficient passera de 1,9 à 1,7.
Cette modification a une conséquence directe sur le calcul de la consommation d’énergie primaire des logements utilisant de l’électricité. Elle peut donc entraîner une amélioration de leur classement énergétique, selon les caractéristiques du logement.
Ce qu'il faut retenir
Les deux arrêtés sont complémentaires, mais leurs effets sont différents :
L’arrêté du 11 juin 2026 fait évoluer les informations présentées dans le DPE, sans modifier à lui seul la classe énergétique calculée.
L’arrêté du 19 août 2026 modifie le calcul de la consommation d’énergie primaire de l’électricité et peut, de ce fait, faire évoluer la classe énergétique de certains logements.
C’est donc bien le changement du coefficient de conversion de l’électricité, et non les nouvelles informations introduites dans le diagnostic, qui peut entraîner une modification de l’étiquette énergétique au 1er janvier 2027.
Qui est concerné par le nouveau DPE à partir de 2027 ?
Les nouvelles dispositions prévues par l’arrêté du 11 juin 2026 entreront en vigueur le 1er janvier 2027. Elles concerneront les DPE établis à compter de cette date, dans le périmètre défini par le texte.
Les propriétaires qui vendent ou mettent en location leur logement devront disposer d’un DPE valide, conformément à la réglementation en vigueur. Les acquéreurs et les locataires pourront retrouver les nouvelles informations dans les diagnostics réalisés selon les nouvelles dispositions.
Faudra-t-il refaire un DPE déjà réalisé avant 2027 ?
Non, les propriétaires qui disposent déjà d’un DPE valide ne seront pas obligés de le refaire pour faire apparaître les nouvelles informations prévues par l’arrêté du 11 juin 2026. Le diagnostic existant conserve sa durée de validité, sous réserve des règles habituelles applicables à sa date de réalisation.
Les nouvelles informations seront intégrées aux DPE établis à compter du 1er janvier 2027. Un propriétaire n’a donc pas besoin d’anticiper cette échéance ni de faire réaliser un nouveau diagnostic uniquement pour bénéficier de ces évolutions.
Pour les propriétaires d’Angers et du Maine-et-Loire, un diagnostiqueur immobilier pourra préciser les règles applicables à leur situation, notamment en cas de vente ou de mise en location.
Conclusion : ce qu’il faut retenir du DPE 2027
À compter du 1er janvier 2027, l’arrêté du 11 juin 2026 prévoit plusieurs évolutions du diagnostic de performance énergétique. Voici les principaux changements à retenir :
- La mention A0 : elle permettra d’identifier les bâtiments répondant aux critères des bâtiments à émissions nulles.
- La production d’énergie renouvelable : les équipements concernés seront mieux identifiés et la quantité d’énergie renouvelable produite sera renseignée dans le DPE.
- La durée de vie restante des systèmes de chauffage et de refroidissement : de nouvelles informations permettront de mieux appréhender la pérennité des équipements concernés.
- L’adaptation au réseau électrique : le DPE indiquera la capacité du logement à adapter sa consommation en fonction des signaux du réseau électrique.
- Le fonctionnement du chauffage à basse température : une information complémentaire permettra de caractériser la capacité de l’installation à fonctionner à basse température.
- Le schéma des déperditions thermiques : la représentation du renouvellement d’air distinguera plus précisément les pertes liées à la ventilation de celles associées à l’aération et aux défauts d’étanchéité.
Faut-il refaire un DPE déjà réalisé ?
Non. Les propriétaires qui disposent déjà d’un DPE valide ne seront pas obligés de le refaire uniquement pour faire apparaître ces nouvelles informations.
Les nouvelles dispositions seront intégrées aux diagnostics établis à compter du 1er janvier 2027, dans le périmètre prévu par la réglementation.
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